La loi sur les aidants n'a pas encore fait ses preuves

Paris, France, 9 octobre 2018

Près de deux ans après sa mise en oeuvre, les effets de la loi sur l'adaptation de la société au vieillissement sur la vie quotidienne des aidants sont très limités. Selon un sondage Opinionway pour Humanis, seulement 19% des aidants déclarent connaître vraiment le nouveau statut d'aidant créé par la loi et seulement 13% ont pu bénéficier du congé aidant.

Deux ans après sa mise en oeuvre, les effets de la loi sur l'adaptation de la société au vieillissement sur la vie quotidienne des aidants sont limités. Selon un sondage Opinionway pour Humanis, seulement 19% des aidants déclarent connaitre vraiment le nouveau statut d'aidant créé par la loi et seulement 13% ont pu bénéficier du congé aidant.

A l'occasion de la journée nationale des aidants, dont Humanis est partenaire, un sondage Opinionway[[1]] dresse un premier bilan de la loi sur l'adaptation de la société au vieillissement et de ses avancées pour les aidants, en particulier ceux qui ont une activité professionnelle.

Sur plus de 8 millions de personnes en France qui aident un proche en situation de perte d'autonomie[[2]], plus de la moitié, soit près de 5 millions d'aidants, occupe parallèlement un emploi.

La loi sur l'adaptation de la société au vieillissement votée fin 2015 et entrée en vigueur en 2016, a créé un statut et des dispositifs pour faciliter la conciliation entre vie professionnelle et vie privée des aidants. Mais cette loi reste encore mal connue par les aidants et semble être peu prise en compte dans les entreprises. 

Le statut d'aidant reste largement méconnu

Seul 1 aidant sur 5  (19%) connaît précisément le statut d’aidant créé par la loi. Les mieux informés sont les CSP+ (29%) et les jeunes de moins de 35 ans (28%) qui voient bien de quoi il s’agit. Les retraités, en revanche, sont seulement 11% à dire qu'ils connaissent bien ce nouveau statut alors qu'ils représentent pourtant près d’un tiers des aidants.

Mais surtout,  42% des aidants, qui soutiennent une personne âgée dépendante, n’ont pas du tout entendu parler de la reconnaissance juridique de leur statut d’aidant, alors qu’ils étaient a priori la première cible de ces mesures législatives. 

Que fait l’entreprise pour les aidants ?

Les deux tiers des aidants en poste interrogés n’ont pas entendu parlé d’un dispositif pour les aidants dans leur entreprise, soit par ce qu’il n’en existe pas, soit par ce que l’entreprise n’en a pas fait la promotion.

Le congé spécial pour les aidants reste même totalement inconnu pour 32% des aidants en activité qui avouent n’en avoir jamais entendu parlé. Dans les catégories socio-professionnelles les moins favorisées, la proportion atteint même 43%.

De fait, seulement 13% des aidants indiquent avoir pu bénéficier de ce congé aidant. Ce sont plutôt les actifs les plus jeunes qui ont utilisé ce dispositif : 20% des moins de 35 ans contre 8% des 50 ans et plus. 

Au travail, le salarié qui aide un proche dépendant se confie peu sur ses difficultés au quotidien : seulement 20% des aidants en activité ont informé leur entourage professionnel, selon le sondage Opinionway/Humanis. Il faudra certainement beaucoup plus de deux ans pour que la reconnaissance législative des spécificités de la vie des aidants fasse évoluer les mentalités. 

D’ailleurs, les aidants interrogés sont 37% à considérer que le fait d’être aidant est, ou a été, un frein dans leur carrière professionnelle. Les CSP+ sont même 43% à partager ce constat.

La loi a eu un effet limité sur la vie des aidants

La loi d'adaptation de la société au vieillissement  a prévu un budget de 700 millions d’euros par an pour l’accompagnement de l’autonomie des personnes âgées, ainsi qu’une revalorisation de l’allocation personnalisée autonomie. Elle a aussi créé un droit au répit pour les aidants.

Ces mesures ont certes produits des effets mais qui restent encore limités : un aidant sur trois (32%) trouve sa vie d’aidant plus simple depuis la mis en œuvre de la loi en 2016, ce qui signifie que les deux tiers ne constatent pas de changement. Mais ils sont tout de même plus nombreux parmi ceux en âge de travailler : 44% des aidants moins de 35 ans et 34% des 35-64 ans trouvent leur vie plus simple,  contre 15% des aidants âgées de 65 ans et plus.

 


[1] Méthologie de l'enquête : Etude Humanis-Opinionway réalisée en ligne du 12 au 19 septembre 2018 auprès de 503 aidants issu d’un échantillon de 1785 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas).

[2] Un aidant familial ou naturel vient en aide à une personne de son entourage proche qui est en situation de dépendance en raison de son grand âge, d’un handicap ou d’une maladie grave. L’aidant agit seul ou en complément du travail d’un professionnel de l’aide à domicile (auxiliaire de vie, aide à domicile, aide-soignante, travailleur social, etc.). Pour en savoir plus : aller sur le site Essentiel Autonomie

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