Sécurité sociale : Un budget en excédent pour la première fois depuis 18 ans

Paris, France, 2 octobre 2018

Après des années de déficit, la Sécurité sociale va dégager un excédent de 700 millions d'euros en 2019, selon le budget présenté par le gouvernement. Celui-ci prévoit d'importantes économies sur l'Assurance maladie, les retraites et les allocations familiales.

Le gouvernement a présenté un budget 2019 de la Sécurité sociale en excédent pour la première fois depuis 18 ans, au prix d'une baisse des pensions de retraites et des allocations familiales.

Pour la première fois depuis 2001, la Sécurité sociale est attendue en excédent de 700 millions d'euros, comme l'ont expliqué à la presse le 25 septembre Agnès Buzyn, ministre de la Santé, et Gérald Darmanin, ministre des Comptes publics. La résorption totale du fameux "trou de la sécu" est espérée pour 2024.

Un déficit comblé au prix de lourds sacrifices

Pour parvenir à ce résultat, le gouvernement a choisi de limiter la revalorisation des pensions de base de l'Assurance vieillesse et des prestations familiales à 0,3%, alors que l'inflation est attendue à 1,6% cette année. Cette mesure doit générer une économie de 1,8 milliard d'euros.

Le secteur de la santé a également été mis à contribution avec 3,8 milliards de maîtrise d'économies dans l'Assurance maladie. Dès 2020, les patients refusant les médicaments génériques sans motif médical seront ainsi moins bien remboursés.

Une manne financière qui tombe à pic

Le déficit de la Sécurité sociale a déjà diminué cette année. Au lieu de 2,2 milliards d'euros annoncés, il est désormais attendu autour de 400 millions, selon la Commission des comptes de la Sécurité sociale. Cette manne sera la bienvenue pour concrétiser les quatre grands plans dévoilés ces derniers mois par l'exécutif, en faveur des Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), du "reste à charge zéro" sur certains soins (optique, dentaire, audioprothèses), contre la pauvreté et sur la "transformation" du système de santé.

D'autres mesures sont susceptibles de bénéficier de cet argent : la revalorisation du minimum vieillesse, la correction de la hausse de la CSG pour 350 000 retraités modestes, l'exonération de cotisations sur les heures supplémentaires ou encore l'allongement du congé maternité pour les travailleuses indépendantes.

400 millions supplémentaires pour les dépenses de santé

Pour financer une partie de ces promesses, le gouvernement a décidé de desserrer l'étau budgétaire sur les dépenses de santé. Celles-ci augmenteront finalement de 2,5%, au lieu des 2,3% programmés, soit une rallonge de 400 millions d'euros. Si elles n'étaient pas freinées, les dépenses de santé évolueraient spontanément de 4,5%.

Il s'agit notamment de créer des postes d'"assistants médicaux" et d'inciter au regroupement des médecins de ville en cabinets ou en communautés professionnelles territoriales de santé.

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