Retraite progressive : quoi de neuf ?

11 février 2015

Le dispositif de retraite progressive s’adresse aux personnes en fin de carrière : sur accord de leur employeur, il leur permet de travailler à temps partiel et de bénéficier, en même temps, d’une fraction de leur pension de retraite destinée à compenser le manque à gagner. Intéressant sur le fond, mais jusqu’à présent trop rigide dans la forme, la retraite progressive n’a pas connu le succès escompté. C’est pour cela notamment qu’elle été assoupli par la dernière réforme des retraites et un décret d’application

Accessible dès 60 ans

Premier grand changement de la retraite progressive : l'âge auquel il est désormais possible « d’entrer »  dans ce dispositif. C'est désormais 60 ans et non plus de 62 ans, soit 2 ans de moins que l’âge légal de départ en retraite pour toutes les personnes nées en 1955 ou après.

Le mode de calcul de la fraction de pension qui compense le manque à gagner inhérent au temps partiel est lui aussi modifié dans un sens plus favorable. Cette fraction est en effet égale à la différence entre 100% et la quotité de travail à temps partiel, le tout calculé par rapport à la durée du travail à temps complet dans l’entreprise. Cette quotité de travail à temps partiel doit être d’au moins 40% et de 80% maximum : si le temps partiel est de 50% par exemple, la pension de retraite progressive sera donc de 50% de la pension de retraite de base et de 50% des pensions de retraite complémentaire auxquelles la personne a droit au moment où leurs calculs respectifs sont réalisés.

Une durée dassurance minimale

Pour pouvoir entrer dans ce dispositif de retraite progressive, un salarié du secteur privé ou agricole doit justifier d’une durée d’assurance égale à un moins 150 trimestres validés, tous régimes confondus (y compris ceux éventuellement engrangés au sein des régimes spéciaux). Il doit par ailleurs n’exercer qu’une seule activité à temps partiel. En cas de reprise d’un temps plein ou d’exercice d’une autre activité à temps partiel, la pension de retraite progressive n’est plus versée.

La possibilité de continuer à acquérir des droits

L’intérêt de la retraite progressive est triple : pouvoir lever le pied en douceur avant la retraite, ne pas trop perdre en rémunération globale et continuer à acquérir des droits à la retraite dans le régime de base et dans les régimes complémentaires ARRCO et AGIRC.

Dans le régime de base (CNAV pour un salarié, RSI pour un indépendant…), 600 heures de SMIC horaire brut permettent désormais de valider 4 trimestres par an. Dans les régimes complémentaires, il est possible de cotiser sur la base d’un temps plein pour acquérir un nombre de points identique, dès lors que l’employeur donne son accord. Lorsque le salarié cesse définitivement son activité, ses pensions de retraite sont définitivement recalculées pour tenir compte des nouveaux droits acquis.

 

La pension dite de retraite progressive est calculée provisoirement à partir du nombre de trimestres engrangés au moment où elle est demandée. Sauf à entrer dans ce dispositif tardivement, il y a donc application d’un coefficient de minoration (ou décote) fonction du nombre de trimestres manquants par rapport à celui exigé pour le taux plein. Ce coefficient est toutefois est plafonné à 25%.

 

Chiffres clés

70 ans : âge à partir duquel un employeur peut mettre un salarié à la retraite  

1386 : nombre d’assurés du régime général ayant bénéficié d’une retraite progressive en 2013 (plus d'infos)

5766 : salaire brut soumis à cotisations permettant de valider 4 trimestres au régime de base

 

Experts