Retraites : Le gouvernement limite la hausse des pensions à 0,3%, bien moins que l'inflation

Paris, France, 4 septembre 2018

Le gouvernement a annoncé que la hausse des pensions de retraite serait limitée à 0,3 % en 2019 et 2020. Cette décision est un nouveau coup dur porté au pouvoir d'achat des retraités, déjà lourdement impactés par la récente hausse de la CSG.

Edouard Philippe a dévoilé les arbitrages du gouvernement sur le budget 2019. Mauvaise nouvelle pour les seniors, les pensions de retraite ne progresseront que de 0,3 % par an en 2019 et 2020, bien moins que prévu, a annoncé le Premier Ministre. Les retraités français, déjà impactés par la hausse de la CSG (+1,7 point), vont donc devoir se serrer la ceinture encore un peu plus.

Un bonus négligeable au regard de l'inflation

Cette hausse est particulièrement faible par rapport aux années précédentes. Habituellement, la pension retraite de base du régime général est indexée sur l'inflation annuelle, qui s'élève à 1,6% en 2018.

Dans les deux prochaines années, les retraités devront donc se contenter de trois euros de plus par mois pour une retraite de 1 000 euros. Une augmentation dérisoire qui ne compensera pas la hausse des prix. 

Trois mois de patience supplémentaire

Par ailleurs, la hausse annuelle des pensions de retraite a été repoussée de trois mois, afin de permettre à la Caisse nationale d'assurance vieillesse (CNAV) de réaliser des économies. L'augmentation ne sera donc pas effective avant le 1er janvier 2019, et non au 1er octobre prochain, comme c'est le cas habituellement.

Ce coup de rabot ne concerne pas les retraites complémentaires, revalorisées au 1er novembre et qui ne devraient connaître aucune modification dans leur mode de calcul. Ces dernières devraient logiquement être revalorisées de 0,6% (contre 0% l'année précédente).

Une stratégie assumée par l'exécutif

Pour justifier ces mesures à nouveau très pénalisantes pour les retraités, le gouvernement assume privilégier "la rémunération de l'activité" et souhaite mettre un terme à "l'augmentation indifférenciée des allocations". Les retraités ne sont pas les seules victimes de cette politique : certaines prestations sociales, comme l'aide personnalisée au logement (APL) et les allocations familiales, verront leur revalorisation plafonnée de la même manière en 2019 et en 2020.

La mesure a fait l'objet de vives critiques de la part de l'opposition. Jean-Luc Mélenchon (FI) a dénoncé une "saignée", tandis que Laurent Wauquiez, président des Républicains, a fustigé "l'acharnement" du gouvernement "sur les retraités".

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