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Expatriation : comment les conjoints perçoivent-ils leur vie à l'étranger ?

Pour 60% des expatriés, l'expérience professionnelle à l’international est vue comme une promotion, alors que leurs conjoints perçoivent l’expatriation comme une rétrogradation pour leur propre carrière, selon l'étude internationale réalisée par Humanis, la Caisse des Français de l'Etranger (CFE) et Expat Communication. Cette enquête sur l'lmpact de l’expatriation sur le couple et les doubles carrières, révèle que les conjoints ont une vision mitigée et expriment leur inquiétude quant au retour en France.

 

                                       

Le paradoxe des couples expatriés 

  • L'étude révèle que près de 60% des expatriés considèrent leur expérience professionnelle à l’international comme une promotion, quand leurs conjoints perçoivent l’expatriation comme une rétrogradation pour leur propre carrière. Les postes trouvés par les conjoints sont très souvent inférieurs à leurs attentes.
  • Plus inquiétant encore, près de 30% d’entre eux affirment s’être « sacrifiés » pour l’autre ; un pourcentage qui monte à plus de 40% pour les conjoints « suiveurs » en recherche d’emploi dans le pays d’accueil.

L'expatriation, source de richesse pour la famille et les enfants 

  • De manière unanime, vivre à l’étranger est source de richesse et 81% des personnes interrogées ont bien l'intention de rester pendant toute la période initialement prévue. En outre, les couples interrogés évaluent à 7,7/10 l’impact positif de l’expatriation sur la relation de couple, un score qui s’élève à 8,4/10 pour les relations familiales.
  • Enfin, pour plus de 90% de parents interrogés, l’expatriation est très positive pour leurs enfants.

La parité, un doux rêve

  • Plus de 90% des conjoints expatriés sont des femmes. Cela signifie que dans une immense majorité, la carrière de l’homme est à l’origine de la mobilité du couple.

Le retour, la première précoccupation des expatriés 

  • 42% des couples expatriés se disent « très inquiets » voire « extrêmement inquiets » quant à leur capacité à trouver un emploi après leur expatriation. 30% d’entre eux s’’inquiètent notamment de leur capacité de réadaptation une fois de retour dans leur pays.
  • D’autres inquiétudes telles que la pollution (23%), l’offre de santé (18%) et le coût de la vie (18%) émergent de cette étude.

Des expatriés "work-addicts" exposés au burn-out 

  • Pour 37% des travailleurs expatriés, la vie professionnelle empiète beaucoup trop sur la vie personnelle et familiale (dont 16% énormément).
  • En outre, 32% d’entre eux ont l’impression que leur entreprise se préoccupe très peu d’eux.

Face à ce constat, l'étude met l'accent sur quelques recommandations et points de vigilence pour les couples expatriés. On peut citer par exemple : 

  • Se renseigner soigneusement avant de partir, sur les avantages et les sacrifices liés à l’expatriation et se faire accompagner par des professionnels.
  • Discuter en couple du projet d’expatriation : quels sont les objectifs d’un départ ? Quels risques accepter ? Comment remédier aux décalages dans le couple pour qu’il n’y en ait pas un qui ait l’impression d’être « sacrifié » ?
  • Anticiper et prévoir sa protection santé [1] et retraite [2], et également pour le conjoint. 
  • Garder en tête le retour ; son succès se joue dans la façon dont on en a pris conscience avant de partir. Se renseigner sur les conséquences de ses décisions. 
  • En tant que conjoint, se faire accompagner dans sa carrière par un coach spécialisé
  • En expatriation, veiller à être bien entourés. Penser à se rapprocher des réseaux expatriés francophones​
 
[1] Santé (assurance maladie – maternité): Que l'on soit salarié d’une entreprise en contrat d’expatrié ou en contrat local, indépendant, il sera obligatoire de cotiser au régime de protection sociale du pays d’accueil. Pour conserver les standards Français de protection sociale, on peut cotiser à la CFE, pour bénéficier des mêmes prestations qu’en France. Il est également possible de souscrire au pack CFE Humanis qui regroupe la "sécu" + complémentaire avec l’avantage d’avoir un guichet unique. 
[2] Retraite : Le conjoint accompagnateur qui exerçait une activité professionnelle peut opter pour la démission légitime. Il peut (et c’est souhaitable pour ne pas être pénalisé pour la retraite) continuer à cotiser personnellement au régime de base pour la retraite à la CFE afin de ne pas perdre de trimestres pendant la durée de l’expatriation.