Reste à charge zéro : les accords validés par les professionnels

26 juin 2018

Le "reste à charge zéro" promis par Emmanuel Macron est sur le point de voir le jour. Les lunettes et les prothèses dentaires et auditives devraient être intégralement remboursées d'ici 2021, à condition de choisir un modèle de base. Pour bénéficier d'un modèle plus haut de gamme en revanche, les patients devront mettre la main à la poche.

Devant le congrès de la Mutualité réuni à Montpellier, mercredi 13 juin, Emmanuel Macron a confirmé le remboursement intégral pour certains soins dentaires, les prothèses auditives et les lunettes. Le "reste à charge zéro" dans les trois domaines où le renoncement aux soins est le plus fréquent était l'une des promesses de campagne du président.

La première étape a été franchie début juin avec la signature d'une convention entre l'assurance-maladie et deux syndicats de dentistes, rappelle La Croix. Cet accord permettra aux patients de bénéficier de bridges et de couronnes entièrement remboursés par la Sécurité sociale et par les mutuelles.

Après le dentaire, les prothèses auditives et les lunettes

Une seconde étape a été franchie ces derniers jours avec les représentants des audioprothèses et de l'optique. Des accords prévoient de proposer aux patients un produit de base, dont le tarif sera fixé par l'État. Ce produit de gamme moyenne sera intégralement pris en charge par la Sécurité sociale et les mutuelles. En revanche, si le patient souhaite bénéficier d'un produit d'une gamme supérieure, il devra mettre la main à la poche.

Ce système doit permettre de diminuer le reste à charge pour les patients, qui reste élevé dans certains secteurs, et en particulier celui de la prothèse auditive. Aujourd'hui, le coût moyen d'une seule prothèse s'élève à environ 1 500 euros, une somme sur laquelle la Sécurité sociale ne rembourse que 120 euros et les mutuelles environ 350 euros, selon La Croix. Au final, le reste à charge pour le patient avoisine les 1 000 euros par prothèse, une somme que tous les Français ne peuvent pas se permettre de débourser.

Un reste à charge nul d'ici 2021

Les nouveaux accords conclus entre le ministère et les audioprothésistes visent à diminuer progressivement le montant du reste à charge pour faciliter l'accès aux soins. Le dispositif s'étalera sur trois ans, avec pour objectif, un "reste à charge zéro"  pour le patient d'ici 2021. 

Ainsi, en 2019, chaque patient devrait pouvoir bénéficier d'une prothèse standardisée au tarif de 1 300 euros, dont 180 euros de prise en charge "Sécu". En 2020, le coût du produit passera à 1 100 euros et la part de la Sécu grimpera à 210 euros. Enfin, en 2021, la prothèse standardisée coûtera 950 euros, avec 240 euros de remboursement par la Sécurité sociale, le reste étant intégralement pris en charge par les mutuelles. 

Le "panachage" possible pour les lunettes

En ce qui concerne l'optique, le principe est le même. Chacun pourra bénéficier du remboursement intégral d'une monture et de verres simples ou progressifs, correspondant à une "qualité standardisée" et dont le tarif sera limité par l'État. Il faudra cependant faire une croix sur les montures à la mode. "À ce tarif, vous n'aurez pas droit aux dernières innovations en matière de verres ni aux montures de marque, mais cela permettra d'avoir des lunettes de bonne qualité", explique un opticien.

Enfin, il existera également une formule intermédiaire permettant un "panachage", par exemple une monture de marque à prix libre, équipée de verres entrant dans le "reste à charge zéro", ou encore le choix de verres sophistiqués à monter sur une monture standard intégralement remboursée.

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