Prévenir plutôt que guérir, la nouvelle tendance du thermalisme

17 avril 2018

En France comme en Europe, le thermalisme connaît un regain de popularité et attire de plus en plus une nouvelle clientèle, à la recherche non plus de guérison, mais de bien-être en général. Les professionnels du secteur parlent d'un véritable "virage complémentaire" sur la prévention et l'éducation thérapeutique.

Les villes thermales accueillent un nombre croissant de nouveaux curistes, qui ne viennent plus seulement se soigner mais également rechercher du bien-être. Une tendance qui fait le bonheur des 110 centres thermaux de France. En 2017, les instituts thermaux ont dépassé la barre des 600 000 curistes, soit une hausse de 2% par rapport à 2016.

En complément de leurs activités traditionnelles, les stations thermales s'orientent de plus en plus vers le bien-être des patients et la prévention des maladies. Ainsi, des activités variées sont proposées aux curistes en marge des soins traditionnels, comme des ateliers de diététique, séances de méditations, ateliers de gestion du stress, cures minceur, anti-tabac et autres cours de gym chinoise, indique Le Parisien.

L'occasion de remettre en cause son mode de vie

La cure thermale vise à soigner une maladie chronique. Au total, douze soins sont reconnus et pris en charge. Parmi les orientations thérapeutiques les plus courantes figurent la rhumatologie, la dermatologie, la phlébologie, les troubles de la circulation du sang et des voies respiratoires, explique La Dépêche. Pour bénéficier d'une prise en charge de l'Assurance Maladie, la cure doit être prescrite pour une durée de trois semaines (18 jours de traitement effectifs). 

"Pendant leur cure de trois semaines, les patients ont souvent du temps libre avec trois heures de soins par jour. C'est l'occasion de leur faire prendre conscience qu'ils doivent peut-être aussi changer de style de vie", souligne Thierry Dubois, à la tête de l'Association européenne des villes thermales (ESPA). Aussi, un nombre croissant de curistes souhaitent bénéficier d'un panel d'activités pendant leur cure.  

Cap sur la prévention

Pour répondre à cette nouvelle demande, les établissements thermaux se lancent les uns après les autres dans des programmes innovants de prévention santé de plus en plus originaux. En avril 2018, les thermes de Néris-les-Bains (Allier) lanceront une étude destinée à mesurer les bienfaits du thermalisme sur la prévention du burn-out, rapporte France Bleu. L'établissement, spécialisé dans les affections psycho-somatiques, recherche soixante curistes volontaires pour déterminer les effets d'une cure thermale de six jours chez des personnes stressées par leur travail. 

Le thermalisme peut également intervenir en post-traitement. En Auvergne, trois stations thermales (Châtel-Guyon, Le Mont-Dore et Vichy) proposent un programme thermal spécifique destiné aux femmes en rémission complète du cancer du sein. Au programme, des soins thermaux, du rééquilibrage diététique, de l'activité physique et un renforcement de l'estime de soi.

Vers des bilans de santé pré-cure?

Certains établissements thermaux européens vont encore plus loin dans la prévention: en République Tchèque, la ville thermale de Karlovy Vary propose aux patients d'effectuer des "bilans de santé complets" avant de débuter leur cure. Une initiative qui pourrait, selon Thierry Dubois, retarder "de 10 ou 15 ans l'entrée dans la dépendance". Et permettre à l'Assurance Maladie de réaliser, à long terme, des économies non négligeables. 

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