Les pharmaciens peuvent désormais faire des bilans de médication pour les personnes âgées

Paris, France, 10 avril 2018

La mission des pharmaciens se diversifie un peu plus: depuis le 16 mars, ils ont la possibilité de réaliser un "bilan de médication". Ce bilan, réservé aux patients âgés, doit permettre au pharmacien de mieux comprendre les difficultés du patient avec ses médicaments, de diminuer le risque iatrogénique et d'améliorer le suivi du traitement.

Depuis le 16 mars, les pharmaciens peuvent établir des "bilans partagés de médication" auprès de personnes âgées atteintes de maladies chroniques. Ce bilan est réservé aux personnes de plus de 65 ans atteintes d'une affection de longue durée. Il pourra également bénéficier aux personnes âgées de plus de 75 ans "pour lesquelles au moins cinq molécules ou principes actifs sont prescrits", précise l'avenant à la convention nationale pharmaceutique récemment publié au Journal Officiel. 

Dépister les effets secondaires et les interactions médicamenteuses

Ce nouveau dispositif doit permettre d'améliorer le suivi des patients âgés polymédiqués, entre deux consultations chez leur généraliste ou leur spécialiste. Le bilan de médication vise aussi à réduire la iatrogénie médicamenteuse, terme qui désigne l'ensemble des effets indésirables provoqués par les médicaments.

Pour les pharmaciens, c'est l'occasion de rencontrer les patients et de s'assurer de l'absence d'interactions entre les nombreux médicaments qui composent le traitement des malades chroniques. Il s'agit aussi de réduire la iatrogénie en repérant les effets secondaires susceptibles d'affecter le foie ou les reins, des organes sensibilisés chez les patients âgés polymédiqués. "Les personnes âgées souhaitent être mieux entendues autour des contraintes liées à leur traitement, des effets secondaires banals qui impactent leur quotidien, trop souvent négligés par les prescripteurs", explique à Ameli.fr. le Pr Sylvie Legrain, gériatre et médecin de santé publique à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris. 

Comment ça fonctionne? 

Un entretien a lieu entre le patient et le pharmacien. le patient décrit ses traitements, son alimentation, son hygiène de vie et les éventuels maux dont il souffre. Cet entretien permet tout d'abord au pharmacien de vérifier si le patient prend bien son traitement. Pour certains patients, c'est aussi l'occasion de se confier à une autre personne que le médecin traitant. En effet, le pharmacien est perçu par de nombreuses personnes âgées comme un interlocuteur de choix pour parler de ses traitements. "Ceux qui ne respectent pas la prescription médicale l'avoueront peut-être ici alors qu'ils le cachent au médecin", note Les Echos.

Le bilan de médication n'est donc pas une consultation médicale, mais il va plus loin qu'un simple "conseil santé par-dessus le comptoir", résume le quotidien. Les patients pourront y avoir recours entre deux rendez-vous chez leurs médecins ou à l'hôpital. 

Un service pris en charge à 100%

Après l'entretien, le pharmacien consultera le dossier médical partagé du patient, dispositif qui sera généralisé à l'automne prochain. Il rédigera ensuite une analyse pharmacologique qu'il communiquera au médecin traitant.

Pour ce nouveau service, les pharmaciens seront rémunérés 60 euros pour la réalisation du premier bilan de médication. Les bilans suivants sont facturés 20 euros en cas de simple suivi, ou 30 euros en cas de modification du traitement. L'exercice n'est pas totalement inédit pour les pharmaciens, qui réalisent déjà ce type de bilans rémunérés pour les asthmatiques et les patients sous traitement anticoagulant. Le bilan partagé de médication est pris en charge à 100 % par la Sécurité Sociale. 

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