"Les inégalités hommes/femmes face à la retraite", une analyse de Frédéric Roullier, directeur retraite complémentaire d'Humanis

Paris, France, 6 septembre 2017

Aujourd'hui, les femmes qui partent à la retraite touchent une pension moyenne de 39% inférieure à celle des hommes (hors réversion). Malgré leur arrivée massive dans le monde du travail depuis les années 1970, les inégalités hommes/femmes, (écarts de salaires, temps partiel, choix familiaux...) perdurent, avec des conséquences directes sur la retraite.

Quand on parle de « conséquence sur la retraite », il faut toujours bien avoir en tête les deux effets possibles sur la retraite, qui sont distincts : l’âge auquel une personne peut partir, et le montant de la retraite. Une situation donnée a des effets sur l’un ou sur l’autre ou sur les deux.

Les situations classiques qui touchent particulièrement les femmes et ont un effet sur la retraite sont notamment :

  • L’entrée tardive sur le marché du travail, qui joue sur l’âge bien sûr, mais peut avoir des effets induits sur les montants. En effet, plus on a du mal à entrer sur le marché du travail par exemple, plus les salaires et la carrière sont susceptibles d’être tirés vers le bas,
  • Les interruptions de carrière, liées par exemple à l'éducation des enfants, le chômage, l'accompagnement du conjoint à l’expatriation, l'aide à une personne en situation de handicap – enfants ou parents,
  • Les temps partiels peuvent jouer sur la retraite : par exemple, une personne qui travaille à 40% ou moins sur la base d’un SMIC n’acquiert pas un trimestre sécurité sociale en 3 mois de travail,
  • Les écarts de salaires qui perdurent jusqu'à la retraite. Les femmes gagnent moins que les hommes de 10 à 20% en moyenne selon les secteurs et les niveaux de responsabilité.

La France est un pays dans lesquels les amortisseurs jouent plutôt bien en comparaison des pays de l’OCDE (effet du choix d’avoir une part de répartition très élevée). La retraite est un système solidaire et égalitaire qui relie directement les droits cotisés et les prestations reçues. Les amortisseurs peuvent compenser un peu, mais ne peuvent régler les inégalités constatées tout au long de la carrière. 

Le sujet est donc à penser dans sa globalité :

  • une société qui offre des structures d’accueil pour les enfants (maternelles, crèches) permettent aux femmes de travailler et par conséquent de réduire les inégalités à la retraite.
  • une société qui offre aux femmes les mêmes possibilités d’études que les hommes permettent dans le temps aux femmes d’accéder aux mêmes emplois et donc de réduire les inégalités.

C’est donc bien souvent au cours de la carrière qu’il faut y penser… alors qu’on constate qu’il y a seulement deux moments clés qui éveillent la vigilance des femmes sur le sujet : le divorce (le couple « n’assumera » pas à deux au moment de la retraite les choix faits à deux pendant la vie salariée), et bien sûr l’approche de la retraite.

Il existe des amortisseurs comme la couverture en cas de congé maternité, en cas de chômage et les réversions de retraite mais il est souhaitable d'anticiper :  

  • Inciter les femmes à demander un entretien d’information retraite, proposés par les groupes de protection sociale comme Humanisdans lesquels il est possible d'indiquer aux femmes les effets sur la retraite d’un choix de temps partiel, d’interruption.
  • Se renseigner sur les conséquences d'une période d’expatriation notamment avec le guide "L’expatriation au féminin" qui explique aux femmes qu’elles peuvent continuer à cotiser à la caisse des français de l’étranger (même si elles ne travaillent pas) pour ne pas être pénalisées sur leur âge de départ.
  • Penser aux produits d’épargne. Il faut sensibiliser les employeurs à offrir une couverture épargne salariale (perco) ou retraite (Article 83), notamment si la proportion de femmes est importante dans l’entreprise. C’est un acte social fort. 
  • Sensibiliser les femmes sur les effets des choix d'épargne faits en cours de carrière :  placer ne serait ce que 20 € par mois pendant 40 ans… ça produit de vrais effets !

Les sessions de préparation à la retraite organisées par le groupe Humanis sont proposées aux entreprises souhaitant accompagner leurs salariés seniors lors de leur départ à la retraite. Qu’elle soit attendue ou redoutée, la cessation d’activité après plusieurs décennies d’une activité professionnelle est source de questionnements voir pour certains d’inquiétude.

  • Pour l’entreprise : proposer cette offre à ses salariés lui permet de se positionner comme un acteur responsable et se souciant de la qualité de vie de ses collaborateurs en les accompagnant jusqu’à leur départ à la retraite. Dans nombre d’entreprises, ces sessions sont ainsi intégrées dans les accords existants ce qui les institutionnalise et les pérennise.
  • Pour le collaborateur, nombre des salariés perçoivent très positivement cette proposition qui marque le souci de leur entreprise de leur permettre un départ le plus serein possible.
  • Pour Humanis, ces sessions s’incluent dans notre offre de prévention du bien vieillir. Elles sont complémentaires de l’offre existante notamment des bilans de prévention proposés par les centres de prévention Agirc-Arrco pour les plus de 50 ans.

Elles ont pour objet de faciliter la transition ente la vie professionnelle et la vie à la retraite en apportant des informations concrètes et en permettant par des apports et des échanges entre pairs et avec le formateur de réfléchir et d’avoir des outils pour gérer ce changement majeur dans la vie. Ces sessions sont souvent complémentaires aux actions d’information proposées par notre service retraite que sont les conférences et des Entretiens d’Information retraite.

 

Format du stage
D’une durée variant entre 1 à 5 jours, nos sessions se déroulent :
• Sessions de 5 jours : en résidentiel à Biarritz
• Sessions entre 1 et 3 jours : sur le site de l’entreprise
• Sessions de 2 jours : en inter-entreprises dans nos locaux

Elles sont généralement proposées « clefs en main mais nous pouvons monter des sessions sur-mesure en fonction des attentes du client.
Un cartable contenant divers supports est remis à chacun des participants


Animation
Nos sessions sont animées par des expert Humanis ou par des prestataires retenus pour leurs compétences sur le sujet.

 

Coût
Depuis 2014, nous sommes contraints du fait de nos contraintes économiques de demander une contribution au coût de ces actions. Avec le passage du tout offert au payant, nous n’avons pas enregistré de diminution flagrante du nombre de nos actions. Celles-ci sont désormais toutes portées juridiquement par Humanis Formation ce qui nous permet de proposer à chaque entreprise la signature d’une convention de prestation.


Publics
Nos sessions sont destinées aux salariés concernés par un départ dans les 2 ans à la date de participation au stage.
Ce départ, peut-être déjà programmé et attendu ou dans certains cas, anticipé et non souhaité pour des raisons économiques.Certains encore incertain quant à leur date de départ, attendent ce stage pour prendre une décision. La démarche de s’inscrire est toujours volontaire. Nous constatons, dans les entreprises où nous intervenons régulièrement, les effets positifs du bouche à oreilles » pour encourager les plus réticents à « se former pour partir à la retraite ».

Nombre de participants, en fonction du format :

  • De 7 à 18 participants pour les sessions 1 jour
  • De 10 à 18 participants pour les sessions à partir de 2 jours

 

Contenu
Le coeur du stage concerne l’approche psycho social du départ et la vie à la retraite. La transition, les nouveaux liens familiaux et sociaux, les nouveaux projets à la retraite.Ces points seront traités par des exposés théoriques et des travaux en sous-groupes. Les échanges sur ce sujet entre les participants et avec le formateur, vont permettre de confronter les idées, les craintes, les expériences.

Autour de ce sujet principal seront apportés des informations concrètes sur :

  • La réglementation retraite de base et complémentaire : constitution des droits, modalités de calcul, démarches et délais pour faire valoir ses droits,
  • L’organisation et la transmission de son patrimoine : qui hérite, comment protéger son conjoint, comment transmettre son patrimoine dans les meilleurs conditions,
  • La prévention santé : conserver et entretenir son capital santé autour de l’alimentation, le sommeil, l’activité physique.C’est souvent cette partie informative qui incite le salarié à s’inscrire au stage et qui ressort lors du tour de table effectué en début de session pour connaitre les attentes des stagiaires.


Les évolutions
Sur le contenu :
Au regard de notre expériences de plusieurs années, il apparait que le module ayant subi l’évolution la plus importante de son contenu est celui consacré à la prévention santé.Nous sommes passés au fil des ans et notamment à compter de 2012 d’un contenu portant sur les conséquences pour la santé de l’avancée en âge : les différentes pathologies, les traitements à un contenu plus axé sur la prévention (alimentation, sommeil, activité physique…) et le bien vieillir. Cette évolution correspond aux nouvelles attentes des futurs retraités qui disposent d’un niveau d’information plus important sur les risques liées à l’avancée en âge et souhaitent obtenir dans nos sessions des outils pour maintenir le plus longtemps possible leurs capacités physique et intellectuelle et être acteurs de leur vie y compris dans le domaine de la santé t du bien-être.

Sur la durée :
Nous assistons à une modification de la demande de nos entreprises. Si certaines comme SAFRAN , THALES , RENAULT TRUCKS et d’autres restent encore très attachées au format 3 jours, nous constatons une évolution de la demande pour un format de deux jours voir d’une journée.
Généralement, ces actions qui n’entrent pas dans les obligations légales de l’entreprise peuvent ainsi être proposées ou maintenues afin de respecter les engagements pris envers les partenaires sociaux tout en tenant compte des contraintes et impératifs économiques de l’entreprise.
A noter qu’avec la réforme de la formation professionnelle en 2015, cette formation qui n’est ni qualifiante ni certifiante, ne peut plus faire l’objet d’une prise en charge financière par les OPCA et son coût est intégralement supporté par l’entreprise.

Humanis s’adapte à la demande et innove avec la Box retraite, une réponse individuelle pour des entreprises qui souhaite accompagner leurs collaborateurs sans toutefois pouvoir les intégrer dans une session collective.


Des contenus harmonisés pour la France et des sites européens : Nous avons ainsi répondu à la demande d’Airbus GROUP qui souhaitait harmoniser son offre pour l’ensemble de ses sites en Europe.


Depuis 2015, nous pouvons ainsi proposer une prestation au contenu identique qui porte sur le seul aspect psychosocial du départ à la retraite et qui est animée par des intervenants en allemand, anglais et espagnol.
 

Nombre de sessions réalisées 
En 2016, les équipes de la Direction des activités Sociales auront organisé pas moins de :

  •  216 sessions de préparation à la retraite en intra pour des clients grands comptes (voir tableau ci-joint) de 1 à 3 jours et
  •  8 sessions inter-entreprises dans nos locaux à Montreuil pour des clients qui n’ont pas de départ en nombre suffisant pour organiser une session propre à leur entreprise.

Public :

  •  90% des participants sont à environ 12 mois d’un départ à la retraite.
  •  La répartition Hommes/femmes dans nos stages est en lien avec le secteur d’activité.
  •  Pour l’industrie les participants sont majoritairement des hommes (Renault, Safran, Thalès).
  •  Une plus grande mixité est de mise pour les entreprises du secteur marchand telles qu’Auchan, Castorama ou des services tel que les banques.

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