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Handicap : Humanis présente les résultats du baromètre 2016 "Osez l'Esat- EA"

La 3ème édition du Baromètre Humanis / Ifop « Osez l’Esat-EA », sur l'emploi des personnes handicapées, a été présentée à l'occasion du premier Salon du Handicap et des Achats responsables.

Le Baromètre « Osez l'Esat / EA » s'appuie sur une enquête originale de l'IFOP[1] réalisée pour la troisième fois non seulement auprès des entreprises du secteur privé et public, mais aussi des ESAT (Etablissement et Service d'Aide par le Travail) et des EA (Entreprises Adaptées) qui emploient des personnes handicapées et travaillent en sous-traitance pour les entreprises.

Ces regards croisés, 29 ans après la première loi[2] sur l’emploi des personnes handicapées, sont riches d’enseignements et vont à l’encontre de bon nombre d’idées reçues notamment sur les raisons pour lesquelles les entreprises ont recours, ou non, aux ESAT/EA ou sur l’effet des nouvelles obligations d’emploi des personnes handicapées.

Humanis publie le baromètre «Osez l'Esat-EA » dans le cadre de sa politique de soutien à l'emploi des personnes handicapées. L'objectif est de contribuer à une meilleure connaissance des EA et dessat et de leurs modes de collaboration avec l'entreprise. Ce baromètre permet aussi de donner un éclairage aux entreprises de toutes tailles - particulièrement les PME - afin de les aider à remplir leurs obligations d’emploi de travailleurs handicapés.

« Nous faisons le postulat qu’en se connaissant mieux, les parties prenantes ne peuvent qu’améliorer leurs modes de collaboration. Ainsi, ce baromètre entend, par une meilleure connaissance des compétences présentes dans les ESAT et EA, encourager la co-traitance avec les entreprises du milieu ordinaire de travail », indique Véronique Tavet, Responsable Unité Accompagnement Social  du groupe Humanis.

Les principaux enseignements du baromètre Osez l’Esat / EA

  1. Satisfaction partagée sauf sur les tarifs

  • Lorsque des partenariats entre les entreprises clientes et les Esat et EA, le niveau de satisfaction global est extrêmement élevé de part et d’autre (98%).
     
  • Dans le détails, le niveau de satisfaction dépasse 9 sur 10 sur tous les points : qualité des prestations, relations commerciales, adaptation de l’offre à la demande, réactivité.
     
  • Seule exception : la question des tarifs. Si les Esat-EA en sont satisfaits à 92%, un vrai écart se creuse avec les entreprises et établissements publics qui ne sont que 64% à être satisfaits.
     
  • Du point de vue des clients : seulement 11% des entreprises clientes recourent au secteur protégé ou adapté parce que les prix des produits ou des services proposés sont compétitifs, quand 36% affirment avoir arrêté de le faire car les coûts et délais ne conviennent pas.
     
  • Du point de vue des Esat-EA : la question du prix est sensible. 38% considèrent que le prix des prestations constitue une des principales difficultés rencontrées avec leurs clients. Et 75% que les tarifs proposés ont été la raison de l’échec du refus de transformation des devis.
     
  • En dépit de ce constat, très peu (2%) de responsables d’Esat ou EA ne souhaitent s’aligner sur les prix des fournisseurs traditionnels pour convaincre les entreprises et les établissements publics d’avoir recours à une structure telle que la leur estimant sans doute que les entreprises devraient raisonner en coût global tenant compte à la fois du prix facial de la prestation et du gain au regard de l’obligation légale d’emploi de personnes handicapées.

Le recours à des Esat ou EA peut en effet permettre à l’entreprise de remplir jusqu’à 50% de son obligation d’emploi de personnes handicapées ce qui a pour effet de réduire, ou même de supprimer totalement, sa contribution à l’AGEFIPH, l’organisme collecteur du secteur privé, ou au FIPHFP qui gère les contributions du secteur public.

Or, même si 29% des entreprises privées et organismes publics interrogés indiquent recourir aux ESAT et EA pour réduire leur contribution à l’AGEFIPH ou au FIPHFP, cette réduction  est rarement intégrée à l’équation budgétaire au moment de la décision lors e l’acceptation d’un devis.

  1. Un niveau d’information contrasté

  • 85% des entreprises déclarent bien connaître leurs obligations en matière d’emploi des personnes handicapées alors que seulement la moitié (50%) des Esat-EA estiment que les entreprises privées et publiques connaissent bien leurs obligations et l’autre moitié qu’elles les connaissent mal.
     
  • Les entreprises communiquent peu sur le sujet du handicap : seulement 40 % des entreprises adressent une communication interne pour informer leurs salariés de la politique RH vis-à-vis des personnes handicapées ou pour les sensibiliser à la reconnaissance du handicap. Cette proportion augmente avec la taille de l’entreprise.
     
  • Les campagnes de communication portant sur le handicap ne semblent pas suffisamment visibles : une bonne moitié des participants au baormètre qu’il s’agisse d’entreprises et d’Esat-EA ne se souvient pas avoir vu de campagnes récentes portant sur le handicap.
  1. Les écarts de perception restent importants

    Un écart de perception persiste sur l’appréciation des prestations des Esat-EA et en particulier sur :

    • l’attractivité économique : 49% Esat-EA pensent être plus attractifs économiquement qu’un fournisseur traditionnel alors que les entreprises ne sont que 9% à penser de même.
       
    • l’attention portée aux clients : les Esat-EA sont 44% à se considérer comme plus attentifs aux clients que les fournisseurs traditionnels alors que les entreprises ne sont que 13% à partager cet avis. Les entreprises estiment même à 54% que les Esat-EA sont moins attentifs.
       
    • la réactivité : Les entreprises estiment à 53% que les Esat-EA sont moins réactifs qu’un fournisseur traditionnel, seulement 17% des Esat-EA partagent cet avis négatif sur eux-mêmes, mais 31% estiment à l’inverse qu’ils sont plus réactifs. 
       
    • l’innovation : les Esat-EA sont plus critiques envers eux mêmes puisqu’ils sont 28% à considérer qu’ils apportent moins de solutions innovantes qu’un fournisseur traditionnel alors que les entreprises ne sont que 15% à porter cette appréciation négative.

Les entreprises clientes (actuelles ou potentielles) sont beaucoup plus critiques au sujet de l’attractivité économique ESAT-EA que ces derniers. S’ils font le constat de l’existence d’un frein financier à recourir à leurs services, les Esat-EA ne comptent pour autant pas voir le prix de leurs produits et prestations à la baisse. La solution tiendrait plutôt dans une meilleure communication à destination des entreprises et établissements publics sur le gain économique total d’une telle opération en incluant la baisse de la contribution AGEFIPH et FIPHFP.

 

[1] Baromètre Ifop pour Humanis réalisé du 7 au 16 décembre 2015 à partir d’une enquête téléphonique auprès d’un échantillon représentatif de 801 entreprises ou établissements publics de 20 salariés ou plus ; d’une enquête en ligne auprès d’un échantillon  de 289 Etablissements et services d’aide par le travail (Esat) ou d’Entreprises adaptées (EA) du 8 décembre 2015 au 15 janvier 2016 ; et du recueil de témoignages sur une communauté en ligne auprès de deux cibles.
[2] Depuis 1987, la loi sur le handicap impose aux entreprises de plus de 20 salariés de compter au moins 6% de salariés en situation de handica. A défaut, ils doivent verser une contribution à l'Association de gestion du fonds pour l'insertion des personnes handicapées (l'Agefiph). Depuis 2005, cette obligation a été renforcée et les pénalités rendues plus sévères.
 
 

Ce baromètre Humanis « Osez l’Esat-EA [1]» et le partenariat avec le premier Salon Handicap & Achats Responsables, illustrent la politique volontariste en direction du secteur protégé et adapté, menée depuis plusieurs années par le groupe Humanis.

Grâce à cette politique, le taux d’emploi des personnes en situation de handicap a atteint 7,2% de la masse salariale d’Humanis. Le handicap fait l’objet d’action de sensibilisation et de formation car il représente un enjeu important pour le groupe vis à vis de ses collaborateurs comme de ses clients.

Parallèlement, Humanis consacre des moyens financiers importants à :

- des actions individuelles notamment pour l’adaptation de l’habitat, le versement d’un complément à l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH),

- des actions collectives comme des aides aux vacances, ou des subventions d’associations ;

- à des investissements en structures d’accueil  notamment par le biais de subventionnement de places.

Le recours à des Etablissement et Service d'Aide par le Travail (Esat) et des Entreprises Adaptées (EA)

Le groupe a par exemple soutenu la création d’une entreprise d’intérim d’insertion, destinée à l’accueil et à l’intégration dans l’emploi de personnes reconnues travailleurs handicapés. Ce dispositif répond au double objectif de permettre aux entreprises de s’acquitter (pour partie) de leur obligation d’emploi, mais permet également de renforcer l’accompagnement socio-professionnel des travailleurs en situation de handicap.

La participation au Free Handi’se Trophy

Humanis a également participé pour la 3ème année consécutive au  Free Handi’se Trophy , un raid sportif handi-valide de 800 km, comme partenaire solidaire. Les trois équipes soutenues par Humanis sont composées de salariés valides d’entreprises clientes du groupe et de travailleurs d’Esat. Tout au long du parcours Humanis valorise les compétences et savoir-faire des Esat.

Au travers de toutes ces actions, Humanis a pour ambition d’accompagner les personnes en situation de handicap au travers de tous les sujets sociétaux : vie sociale, citoyenneté, emploi, inclusion… 

 

 

[1] Esat : Etablissement et Service d'Aide par le Travail. EA : Entreprise adaptée