Handicap : des allocataires de l’AAH toujours plus nombreux

Paris, France, 25 octobre 2018

Le nombre de bénéficiaires de l'allocation aux adultes handicapés (AAH) a doublé entre 1990 et 2017 pour atteindre 1,13 million, sous l'effet de l'évolution démographique et de la hausse des plafonds de ressources.

Près de 1,13 million de Français et de Françaises bénéficient de l’allocation aux adultes handicapés (AAH), selon une étude publiée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Une augmentation depuis près de 30 ans due à l’évolution démographique mais aussi à la révision des plafonds de ressources.

Cette allocation, versée sous conditions de ressources aux personnes handicapées de plus de 20 ans et n’ayant pas encore l’âge de la retraite, atteint actuellement 819 euros par mois pour une personne seule. Le montant devrait augmenter pour atteindre 860 euros le 1er novembre, puis à 900 euros fin 2019.

Baby-boom et revalorisation

Entre 1990 et 2005, le nombre de bénéficiaires de ce minimum social a augmenté de façon régulière, d'environ 2,7% par an en moyenne, "sous l'effet principalement de la démographie" souligne la Drees. Les générations du baby-boom arrivaient en effet à un âge (entre 45 et 60 ans) où les handicaps sont plus fréquents.

Le nombre d'allocataires de l'AAH a connu une nouvelle période de hausse marquée à partir de 2008, avec plus de 4% de hausse moyenne annuelle jusqu'en 2012. Au cours de cette période, les revalorisations successives ont alors eu pour effet "de relever sensiblement le plafond des ressources et ainsi d'accroître le nombre d'allocataires de la prestation", indique l'étude.

Des "difficultés d'insertion importantes"

Depuis 2015, l'augmentation du nombre de bénéficiaires est restée supérieure à 2% par an, ce qui s'explique notamment par le "recul de l'âge minimum légal de départ à la retraite de la génération née en 1954". Les personnes handicapées atteignant l'âge de la retraite cessent en effet de percevoir l'AAH pour basculer vers le régime de "retraite pour inaptitude".

Dans une précédente étude publiée en juillet, la Drees avait souligné des "difficultés d'insertion importantes" pour les personnes handicapées, en observant que seuls 6% des allocataires de cette prestation "sortent des minima d'une fin d'année à la suivante".

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