Handicap : la réforme de l'entreprise adaptée ne fait pas l'unanimité

Paris, France, 28 août 2018

Les récents engagements du gouvernement en faveur des entreprises adaptées (EA) ne font pas l'unanimité parmi les acteurs du secteur. Les plus petites structures s'inquiètent notamment de la fusion de certaines subventions et d'une plus grande mixité du public employé au sein de ces structures.

Les entreprises adaptées (EA) auraient dû se réjouir de l'engagement "Cap vers l'entreprise inclusive 2018-2022" adopté mi-juillet par Muriel Pénicaud, ministre du Travail, et Sophie Cluzel, secrétaire d'État chargée des personnes handicapées. Avec un objectif de 40 000 créations de postes dans le secteur adapté et une augmentation des aides publiques jusqu'à 500 millions d'euros, la réforme avait de quoi contenter les acteurs du secteur. 

Pourtant, certaines voix s'élèvent pour alerter sur les possibles effets pervers de cette réforme, qui pourrait menacer les EA les plus petites, analyse L'Express.

Des fusions de subventions qui inquiètent

La France compte aujourd'hui près de 800 entreprises adaptées, dans lesquelles les travailleurs handicapés représentent au minimum 80% de l'effectif. Ils sont embauchés sous un contrat de travail classique et bénéficient de conditions de travail adaptées à leur handicap. L'entreprise perçoit une subvention censée compenser la différence de productivité liée au handicap : c'est "l'aide au poste".

Mais avec la réforme, cette aide au poste doit fusionner avec une autre subvention, initialement destinée à investir dans du matériel. Une fusion qui inquiète Jean-Louis Leduc, directeur de l'Association pour adultes et jeunes handicapés (Apajh) pour qui cette subvention permet à 5% des EA de maintenir leur outil de production. 

La plus grande mixité fait débat

La réforme pourrait également ouvrir davantage les entreprises adaptées à un public non handicapé, avec un taux de mixité qui pourrait s'établir désormais à 50%. Une mesure défendue par Cyril Gayssot, président de l'Union nationale des entreprises adaptées (Unea), comme il l'indique à L'Express. 

"Si l'on veut vraiment entrer dans une logique inclusive (...) c'est vers cette mixité que l'on doit tendre", assure  Cyril Gayssot.

Selon lui, cette mixité permettra aux EA d'accéder plus facilement à des activités à forte valeur ajoutée. Un point de vue que ne partage pas Jean-Louis Leduc, qui craint que les plus petites structures, fragilisées par la diminution de l'aide au poste, ne parviennent pas à trouver les marchés suffisants pour survivre.

Les acteurs de l'entreprise adaptée saluent toutefois de manière unanime d'autres innovations de la réforme comme la création d'entreprises adaptées de travail temporaire ou surtout la création de "CDD tremplin". D'une durée de deux ans, ces contrats pourraient aider une partie des 500 000 travailleurs handicapés actuellement au chômage à retrouver le chemin de l'emploi.

Expert

Contact Presse

Sujet liés