Déclin de la biodiversité: le gouvernement annonce un grand plan de "mobilisation pour la nature"

Paris, France, 9 juillet 2018

Le gouvernement lance un plan de sauvegarde de la biodiversité, afin de tenter d'enrayer le déclin des espaces naturels et des espèces. Signe de mobilisation générale, l'annonce est faite dans un cadre interministériel.

C'était une priorité de Nicolas Hulot. Alors que les alertes se multiplient dans le monde, le gouvernement a lancé début juillet 2018 sa « grande mobilisation pour la nature ». Il était temps : sur le seul territoire français, près d'une espèce sur trois est en danger de disparition, selon l'Observatoire national de la biodiversité. Seule la moitié des zones humides, ainsi que 43% des eaux de surface sont en bon état.

Pourtant, les causes de ce drame écologique sont connues : pollutions, surexploitation des ressources, destruction des milieux naturels...

Un "grand horizon 2030"

Jeudi 28 juin, le Premier ministre Edouard Philippe a mis en garde contre les risques "d'effondrement" de la planète. "Le niveau de vigilance (à l'égard de la biodiversité) doit être équivalent à celui que nous avons eu sur les questions climatiques", a-t-il plaidé à l'occasion d'un forum sur l'avenir de l'agriculture.

En mai dernier, à Marseille, Nicolas Hulot avait fixé un "grand horizon 2030" pour que la France cesse de "détruire la nature". Le ministre avait annoncé cinq axes de travail, dont un plan contre l'artificialisation des sols, la mobilisation des acteurs économiques et l'action au niveau international.

Les ONG, entre espoir et méfiance

Des promesses accueillies avec prudence par les défenseurs de la nature. "La biodiversité est à l'agenda politique", s'est félicitée Sandrine Bélier, députée européenne et directrice d'Humanité et Biodiversité, tout en prévenant : "Nous jugerons ce plan par ses mesures concrètes".

"On garde espoir, mais on est écorchés, estime pour sa part Allain Bougrain-Dubourg, président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO). Les politiques pourront-ils, par exemple, revisiter l'agriculture intensive ? L'artificialisation des sols ? On a, légitimement, mis cinq milliards sur la table pour les agriculteurs, ou 35 milliards pour la SNCF, et il manque 200 millions pour faire vivre l'Agence française de la biodiversité !".

Pour lui, l'État doit prendre ses responsabilités : "Arrêtons de dire que chaque citoyen doit s'emparer de cette question. Avant tout, c'est l'État qui doit faire un choix, de nouveaux paradigmes et de finances".

Des signaux contrastés

Pour les ONG, l'abandon du projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ou l'inscription dans la Constitution de la préservation de l'environnement constituent des signaux positifs. Elles déplorent cependant le soutien de l'État au projet de rocade ouest de Strasbourg, les débats houleux sur la loi agriculture et alimentation ou encore la gestion de la question du glyphosate. Car si le gouvernement promet d'interdire cette substance d'ici 2021, il n'est pas question de l'inscrire dans le texte.

"On sait ce qu'il faut pour contrer l'érosion de la biodiversité, rappelle Sandrine Bélier. C'est la question du modèle agricole, une politique nationale efficace de préservation des sols, et le chantier de la fiscalité écologique". Dans les faits, "on en parle, on en parle, notamment sur les pesticides. Mais quand on voit les discussions sur la nouvelle PAC (de l'UE), on n'est pas sur un virage, ni un changement de modèle", déplore la députée écologiste.

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