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Congé parental européen : les raisons du blocage français

La France s'oppose à un projet de directive européenne, destiné à rendre obligatoire des congés parentaux beaucoup mieux rémunérés. Emmanuel Macron juge trop coûteuse la proposition de Bruxelles visant à instaurer un congé parental de quatre mois indemnisé à 50% du salaire journalier. Le ministère du Travail français planche sur une nouvelle version du texte, qu'il espère faire accepter à ses partenaires européens.

Un projet de directive européenne visant à améliorer la rémunération des congés parentaux est actuellement en discussion à Bruxelles. Baptisé "Vie privée-vie professionnelle", ce texte entend améliorer l'égalité entre les hommes et les femmes à travers de nouvelles mesures.

Il prévoit notamment la mise en place de quatre mois de congés parentaux indemnisés à 50% du salaire journalier. Cinq jours de congés payés par an pour s'occuper d'un proche dépendant sont aussi envisagés, ainsi qu'un congé paternité rémunéré de 10 jours à la naissance de l'enfant, une mesure déjà mise en place en France.

Trop coûteux pour la France

Mais la directive n'a pas les faveurs de la France, qui la juge trop coûteuse. Emmanuel Macron a exprimé d'importantes réserves sur cette initiative, et a fait savoir à ses partenaires européens que la France ne soutiendrait pas le texte en l'état. "Il faut travailler sur la proposition. J'en approuve les principes, mais c'est une belle idée qui peut coûter très cher et finir par être insoutenable", a déclaré le président de la République devant le Parlement européen à Strasbourg, le 17 avril dernier. 

Une position condamnée d'une seule voix par les syndicats français et européens, qui n'ont pas manqué de rappeler au gouvernement français son engagement en faveur de l'égalité femmes-hommes, rappelle Le Parisien.

Un nouveau texte en préparation

Sous le feu des critiques, le ministère du Travail prépare une nouvelle version du texte, qu'il espère faire accepter à ses partenaires européens. "Nous sommes en pleine négociation et travaillons à des solutions qui soient pragmatiques et acceptables pour tout le monde", indique une source ministérielle au journal francilien. Cette seconde version reprend les grands principes de la directive, "avec un droit à des congés assorti d'une indemnisation obligatoire mais sans définir ni les modalités, ni les montants". 

Pour le ministère du Travail, le fait d'imposer une indemnisation est "totalement nouveau" dans une directive européenne. Il juge "plus efficace de laisser fixer les modalités au niveau national", dans le but de rallier un maximum de pays. "Les systèmes sont extrêmement hétéroclites, vous ne pouvez pas imposer la même chose à la France et à la Hongrie".

Vote prévu le 21 juin

Les discussions techniques se poursuivront jusqu'au 28 mai prochain. Le vote du texte est prévu le 21 juin, lors de la réunion du Conseil de l'Union européenne. Selon BFMTV, outre la France, quatorze autres pays européens s'opposent au projet et pourraient donc bloquer le vote du texte.